En hommage à Philippe Jaccottet

Depuis la disparition de Philippe Jaccottet le 24 février dernier, les hommages se multiplient. Un mois après son décès, nous présentons de beaux liens: les voix de six poètes en Suisse romande qui traitent de l’héritage laissé; un événement du Printemps de la poésie le 29 mars, avec une table ronde et une mise en voix de ses poèmes. Un appel au souvenir d’un grand poète, traducteur et passeur, dont la voix continue de résonner poétiquement.

Découvrez les hommages des poètes ici, et le programme de l’événement du Printemps ici.

Comme une basse continue, un repère

La poésie et la trajectoire de Philippe Jaccottet, riches, inspirantes, ont accompagné chaque auteur avec leur propre intensité, leur propre trace. Les six poètes, chacun avec leurs souvenirs, leur sensibilité et leur parcours, livrent aujourd’hui un portait émouvant, et surtout fort de Philippe Jaccottet. À l’image de la figure tutélaire, Laurent Cennamo, François Debluë, Sylviane Dupuis, Antonio Rodriguez, Pierre-Alain Tâche et Laurence Verrey sont autant de plumes qui montrent à quel point nous grandissons toujours avec les autres. Parfois en s’inspirant, parfois en se détachant, mais toujours en étant au contact de cette autre poésie. Si elle a mené à un sentiment de proximité (comme le décrit François Debluë), à d’autres poèmes (ceux de Gustave Roud par exemple, déterminant pour Jaccottet), elle a aussi mené au refuge, à la beauté. L’héritage laissé par Jaccottet est précieux, mais ce qu’on en fait davantage; nous remercions les poètes de leur contribution et de leurs mots.

Voici les voix

Dans le cadre du Printemps de la poésie, d’autres voix s’accorderont à la mélodie et au rythme des poèmes de Jaccottet. Le 29 mars, l’événement phare du festival s’ouvrira avec une table ronde en présence de Sylviane Dupuis, Michel Collot et Pierre-Alain Tâche. En collaboration avec La Manufacture, des experts compareront ensuite trois mises en voix différentes de sa poésie, ainsi que celle de Pierre Chappuis, également récemment décédé. Comme une partition musicale, le poème est sujet à des interprétations variées. Les sons agencés librement esquissent un rythme, tout en ouvrant un monde de possibilités. Comment trouver le bon souffle, la respiration convenue, le rythme exact? Comment faire vibrer par la voix les multiples sens d’un mot, les effets graphiques sur la page? Dans le souci de respecter le matériau d’origine, mais aussi dans une volonté d’insuffler une dimension plus personnelle au poème, interprètes, experts et public débattront de l’équilibre fragile lié à la vocalisation de la poésie à cette occasion.

Sandra Willhalm