La presse romande soutient la poésie

 

Parmi les bilans que nous pouvons tirer du succès majeur du premier Printemps de la poésie, il y a l’importante mobilisation de la presse suisse romande pour lancer et traiter de ce festival : dix articles dans la presse écrite (Le Temps, L’Hebdo, 24 Heures, Le Courrier…), dont nous pouvons relever la qualité et la longueur ; dix émissions de radio (La Première, Espace 2 surtout…), trois interventions à la télévision, dont deux journaux télévisés (12 :45, JT de La Télé). Vous trouverez l’intégralité de la revue de presse ici.

 

Rarement y a-t-il eu une presse aussi abondante pour souligner la place et l’importance de la poésie aujourd’hui. Plusieurs constats peuvent être tirés de cette mobilisation :

  • Contrairement à la presse nationale ou régionale française, et plus proche en cela d’autres traditions (anglophones, hispanophones), la presse romande traite de la poésie tout au long de l’année, avec des journalistes aux plumes vives qui se battent dans les rédactions pour lui accorder des places de plus en plus chères. Rappelons simplement quelques noms : Lisbeth Koutchoumoff (Le Temps), Gilbert Salem (24 Heures, La Tribune de Genève), Julien Burri, Isabelle Falconnier (L’Hebdo), Anne Pitteloud (Le Courrier), Thierry Raboud (La Liberté) pour la presse écrite ; David Collin, Christian Ciocca, Annick Schuin pour Espace 2 ; Zelda Chauvet pour La Télé, Pascal Décaillet pour Léman bleu, la jeune journaliste Ellen De Meester pour la RTS.
  • L’accent mis sur les pratiques sociales de la poésie, davantage que sur les seuls poètes, a permis d’intégrer une large population à l’esprit de ce Printemps. L’idée de faire un « Printemps de la poésie » et non un « Printemps des poètes » a été saluée, car « la poésie n’appartient pas qu’aux poètes ». L’événement était aussi là : l’idée que la poésie soit un fait quotidien, populaire, et non seulement un art littéraire.
  • Ces différentes interventions ont montré que la presse est un acteur majeur de la poésie. Sans doute nous faut-il à présent mieux comprendre comment la poésie est composée de nombreux acteurs et non seulement des poètes ? Ces articles, ces émissions font partie d’une histoire littéraire qui s’occupent des pratiques contemporaines (variées et riches) de la poésie dans un espace donné, et non simplement d’une filiation nationale de poètes. Ils donnent des informations fondamentales sur l’image de la poésie aujourd’hui et sur son importance au quotidien.

 

Outre ces constats, cette revue de presse montre la force de la poésie aujourd’hui, qui est davantage confrontée à un problème de visibilité dans l’espace médiatique qu’à un manque de qualité. Ce premier Printemps a été l’occasion de le montrer et de le prouver, et les journalistes ont voulu montrer qu’ils luttaient contre la seule visibilité accordée à l’industrie du livre et aux best-sellers. Par ses institutions culturelles et didactiques de qualité, par sa presse soucieuse de l’exigence et de l’ouverture, la Suisse romande possède un espace privilégié pour mettre en valeur la poésie. Certains le savaient déjà, mais désormais nul ne peut l’ignorer.

 

Antonio Rodriguez