Printemps de la poésie 2021: une respiration commune

Un festival covido-compatible, une quarantaine d’événements et beaucoup de poésie: le pari du Printemps de la poésie 2021 était loin d’être évident, mais l’édition a été un succès. Du 20 mars au 3 avril, le festival a démontré de nouveau la force de son réseau qui, malgré la pandémie, a continué à ouvrir des espaces poétiques pour une respiration commune. Retour sur les grands moments de l’édition 2021.

Une campagne d’affichage piquante

La campagne d’affichage était un bon présage: lors de son dévoilement le 10 février sur Facebook, les internautes ont réagi massivement, likant et commentant. La publication a atteint plusieurs centaines d’utilisateurs, et a reçu presque 300 likes. Ce jour-là, le festival annonçait son ton: l’édition 2021 allait être sous l’égide de la vaccination, mais poétique cette fois. Créant sa propre formule, le PrimaPoetica (marque réservée), avec des doses quotidiennes de poésie pendant deux semaines, le festival luttait à sa manière contre le fléau de la satellisation culturelle. Reprise dans la presse à de nombreuses reprises (découvrez toute la presse du festival ici), la campagne d’affichage a suscité l’engouement. Elle a montré aussi le besoin de se retrouver, par-delà les contraintes de la pandémie. Il ne lui restait alors qu’une mission: à la poésie de faire «le printemps (quand la pandémie le défait)» (article de La Liberté).

Une presse florissante

Plus généralement, les échos dans la presse ont été nombreux et de qualité. Un point d’orgue du festival a par ailleurs été particulièrement relayé: l’initiative de la poète et médecin Julie Delaloye, pour amener un peu de poésie à l’hôpital. Dans presque une dizaine de médias, entre radio et articles en ligne, elle a pu présenter son projet d’envergure.

Un public au rendez-vous

Parmi les divers événements phares du festival, trois autres rencontres ont touché un grand public. Pour la journée mondiale de la poésie le 21 mars, une cinquantaine de personnes se sont jointes à Laurent Gaudé, Camille de Toledo, Aurélia Lassaque et Antonio Rodriguez pour débattre de l’Europe en poésie. Le 29 mars, lors d’un événement en ligne en hommage à Philippe Jaccottet et Pierre Chappuis, ce sont de nouveau cinquante personnes qui ont exploré la vocalisation des poèmes avec plusieurs experts. Finalement, 120 personnes se sont connectées le 22 mars sur Zoom pour découvrir Ptyxel.net, une nouvelle plateforme rassemblant les productions poétiques multimédia. Lors de cette soirée de gala, cinq clips poétiques de la collection Close Poetry ont été révélés. Les réalisateurs ont ensuite pu discuter de leur création à partir de poèmes anonymisés, avec leurs auteurs respectifs. En se saisissant des outils numériques à leur disposition, le festival a bien, au-delà d’amener du souffle dans une période difficile, rappelé la manière dont ils pouvaient être investis pour la poésie. Les nouvelles interactions créées par la rencontre des langages et des médiums ouvrent définitivement de nouveaux espaces de réflexions, dans des relations plus fines et contemporaines à la poésie. C’est aussi la force de cette édition 2021: montrer encore une fois que la poésie peut se présenter de mille manières différentes, avec modernité et beaucoup de créativité.

Sandra Willhalm