Le Grand Prix Micheloud attribué à Laurence Verrey

Laurence Verrey se voit récompensée pour l’ensemble de son œuvre. Tous les trois ans depuis 2008, la Fondation Pierrette Micheloud valorise un ou une poète pour son parcours littéraire, jugé particulièrement remarquable. Après Pierre Voélin en 2017, c’est Laurence Verrey qui se voit attribuer le prestigieux Grand Prix de Poésie.

En harmonie, entre musique et mots

Laurence Verrey est née à Lausanne le 7 mai 1953. Son enfance est imprégnée par la musique, puis par son amour des langues — allemand, grec ancien, latin. Ces deux intérêts vont en quelque sorte de rejoindre, s’entrelacer dès l’adolescence, période à laquelle la poésie fait irruption dans sa vie, sous les vers de Baudelaire. Elle s’initie ensuite à celle d’Homère, Sappho et les poètes lyriques grecs, puis Rilke, Gustave Roud et Rimbaud. Encouragée par son enseignant de français Jean-Charles Potterat, elle commence à écrire dès l’âge de 18 ans. Ce n’est pourtant qu’en 1982 qu’elle publiera son premier recueil poétique, Chrysalide, aux éditions de l’Aire. Avant, elle explore différentes voies et fait plusieurs voyages: en Angleterre à 20 ans, pour une année, puis à Sierre où elle exercera le métier d’infirmière dans un service de soins intensifs et urgences. Elle passera aussi par le Népal, la Thaïlande, la Chine, le Japon et les États-Unis lors d’un tour du monde avec son compagnon entre 1981 et 1982.

Son parcours littéraire, riche, se révèle autant par un rythme soutenu de publications dès 1987 — lorsque Le Cantique du Feu (éditions de l’Aire) reçoit le Prix Schiller —, que par ses collaborations diverses avec des artistes et ses activités parallèles. Membre du jury du prix Michel Dentan de 1985 à 1995, du prix Schiller de 2008 à 2012, elle collabore également à pas moins d’une dizaine de revues, dont La Revue de Belles-Lettres, ou encore Écriture. Elle ne cesse d’apprendre, de se former, puis de transmettre avec ses mots. Dès 1998, elle enseigne le français aux étrangers en voie d’intégration, puis suit une formation en art-thérapie et anime des ateliers d’expression. En 2013, elle fonde l’association Poésie en Mouvement, afin de promouvoir la poésie orale et écrite, en lien avec les milieux éducatifs et culturels et avec la jeune génération, par des temps de création poétique ou des événements publics ponctuels. Dès 2015, elle crée les Salves poétiques à Morges, un festival célébrant la création poétique des jeunes et des poètes renommés de la francophonie, qui rencontre un franc succès.

Dans ses collaborations, nous pouvons notamment citer celle avec la peintre et calligraphe Louise Beetschen, sur plusieurs créations successives. Feu sur le noir (2013), Horizons Lumière (2016) et les Cartes imaginaires de Topographie poétique sont notamment le fruit de leur rencontre, entre mots et images: «Le dialogue avec les Cartes de Louise Beetschen et ses encres en mouvement m’a entraînée dans un univers imaginaire fécond. Ce sont d’abord des éléments concrets du paysage qui ont inspiré les poèmes: le marais, le désert ou le glacier. Puis la création s’est peu à peu déplacée dans l’abstrait. Sous le signe de l’évasion, de l’éclipse, de la contemplation» (à propos de Topographie poétique). Des livres d’artiste à découvrir aux éditions Cadratin.

En 2021, la poète nous offre deux autres créations: L’ombre est une ardoise (éditions de l’Aire), une série de quatrains qui emmène le lecteur aux confins du langage, et Lutter avec l’ange (Bernard Campiche éditeur), un récit de vie en dialogue avec le personnage biblique de Jacob. Loin d’en avoir terminé avec la poésie, dans un parcours qui se poursuit, nous présentons les belles œuvres qui ornent déjà la collection impressionnante de Laurence Verrey:

Bibliographie de la lauréate:

Lausanne, prose, in Dix écrivains en quête d’une ville. L’Aire, 1981.
Chrysalide, poèmes. L’Aire, 1982.
Le Cantique du Feu, poème. L’Aire, 1986, prix Schiller 1987.
L’ombre du silence, illustrations de Richard Aeschlimann. L’Aire, 1989.
D’Outre-Nuit, poème. Empreintes, 1992.
Vox aeterna, poème-cantate, musique de Caroline Charrière. Editions Ouverture, 1993.
Entre ses poings noués, 13 poèmes, accompagnés de 13 gravures de Bernadette Duchoud, 1994.
Pour un visage, poèmes. L’Aire, 2003.
Vous nommerez le jour, poème. Samizdat, 2005.
Exode, poème de l’errance, musique René Falquet, création pour A Coeur Joie, 2007.
«Fugue brève à deux voix», in Rencontre. L’Aire 2008.
Une brève transe de cailloux, proses libres. L’Aire, 2008.
Un seul geste, poèmes. Empreintes, 2010.
Feu sur le noir, poème, encres originales de Louise Beetschen. Le Cadratin, 2013.
«Mots-étoiles, petites lueurs», in Les heures étoilées de ma vie. L’Aire, 2014.
Cryptogrammes, 33 encres et poèmes cryptés de l’auteur. Le Cadratin, 2015.
Horizons Lumière, poème accompagnant les encres de Louise Beetschen. Le Cadratin, 2016.
La beauté comme une trêve, proses. L’Aire, 2016.
Vers la cime, poème, avec des peintures de Claire Nicole. Empreintes, 2016.
L’ombre est une ardoise, quatrains. L’Aire, 2021.
Lutter avec l’ange, récit. Bernard Campiche éditeur, 2021.