Marina Skalova traduit Rolf Hermann «schwarzwald im dezember» (« forêt noire en décembre») et «rue de la lune»

Marina Skalova traduit  Rolf Hermann, «forêt noire en décembre» («schwarzwald im dezember») et «rue de la lune»  forêt noire en décembre  des troncs d'arbres un tunnel et le jour bâillant sur les collines en noir et blanc feuillette des romans à l'eau de rose écornés je note deux titres dans l'obscurité une lumière  brille chez toi maintenant mon coeur est à la maison entre-temps changer les noms de lieux  quelque part entre –ingen et –ach là où il neige  trois degrés en-dessous de zéroschwarzwald im dezember baumstümpfe ein tunnel und der tag gähnt über hügeln weiss und schwarz blättert in zerlesenen groschenromanen…

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Stéphane Blok lit Julien Burri, Parades

Stéphane Blok lit Julien Burri, Parades (Paulette Éditrice, 2022)             Écrire sur les poèmes d’un autre. Voilà un exercice que je n’avais jamais pratiqué jusqu’à aujourd’hui. Une première, une découverte donc. Par ailleurs, je dois tout de suite avouer connaître Julien Burri personnellement depuis plus de vingt ans, nous sommes amis et admirateurs réciproques du travail et des écrits de l’autre. En plus d’apprécier sa personne et son abord de la vie comme dans toute amitié, je l’ai toujours considéré comme un grand poète. Je n’en fus pas moins surpris et bouleversé dès ma première lecture de Parades:…

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Mathilde Vischer traduit Vega Tescari «Abitare» («Habiter»)

Mathilde Vischer traduit Vega Tescari, «Habiter» («Abitare»)   Ils ouvraient les fenêtres et sentaient l’air entrer avec force, poussé par quelque chose qu’ils auraient voulu toucher, dans lequel eux-mêmes auraient voulu se laisser glisser. Un temps d’air, blancs de lumière soufflés par des heures lointaines, par des lieux où elles avaient déjà duré. Il pleuvait le temps d’une autre galaxie, auraient-ils dit. .. Ils s’étaient assis sur le seuil des maisons où ils avaient habité, regardant à chaque fois devant eux comme s’ils voulaient percevoir les siècles, les ans et les jours; ceux qu’ils ont vécus à leur époque et ceux d’autres temps, qui continuaient à luire dans les choses, les gestes, dans ces dimensions…

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Arthur Billerey lit Alexandre Voisard, Qui vive, un cahier de la main gauche

Arthur Billerey lit Alexandre Voisard, Qui vive, un cahier de la main gauche (éditions Empreintes, 2021)         Jusqu’à la gauche Le bras droit cassé, paralysant son écriture, le poète Alexandre Voisard maintient son devoir d’écrire jusqu’à la main gauche, griffonnant dans Qui vive ses poèmes d’une main nouvelle, tremblante, mais qui rapporte la même vérité aux oreilles de ses lecteurs dans un monde assigné par le confinement. «Il est plus difficile d’écrire que d’aimer», griffonne Alexandre Voisard un 29 novembre, au début de son recueil. On dirait, à peu de chose près, un sous-titre, en majuscules, qui viendrait faire le lien, comme…

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Jeanne Wagner traduit Rainer Maria Rilke «Sonnet à Orphée II, 1» («Sonett an Orpheus II, 1»)

Jeanne Wagner traduit Rainer Maria Rilke, «Sonnet à Orphée II, 1» («Sonett an Orpheus II, 1»)   Souffle, toi poème invisible! Toujours entourant le propre être espace échange pur. Contrepoids, où rythmiquement je m'approprie.   Unique vague, dont je suis la mer en devenir;  toi le concentré de toutes les mers possibles,— gain d'espace.   Combien de ces points d'espaces se sont déjà trouvés au-dedans de moi. Tant de vents  sont mes enfants.   Me reconnais-tu, brise, toi, pleine encore de ces lieux autrefois miens? Toi, alors écorce lisse,  courbure et feuille de mes mots.   Atmen, du unsichtbares Gedicht! Immerfort…

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Cesare Mongodi lit Flurina Badel, üert fomantà

Cesare Mongodi lit  Flurina Badel, üert fomantà (éditions Les Troglodytes, 2021) «Quelque chose sans nom/commence». Ainsi débute le dernier poème du recueil Tinnitus tropic/acouphène tropical (prix suisse de Littérature 2020) dont un choix de textes forme le cœur de la petite anthologie üert fomantà/jardin affamé traduite du romanche par Denise Mützenberg, son éditrice.  Les tensions causées par le passé qui bourdonne tel un acouphène, empêchant de saisir le présent dans son immédiateté, deviennent souvent source de poésie chez Flurina Badel. Le poème opposiziun/opposition, un des plus anciens de l’anthologie, est à cet égard emblématique:  les esprits attendent que j’ouvre les yeux…

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Camille Logoz traduit Else Lasker-Schüler, «Chanson d’amour» («Ein Liebeslied») et «Chez soi» («Heim»)

Camille Logoz traduit Else Lasker-Schüler, «Chanson d'amour» («Ein Liebeslied») et «Chez soi» («Heim») Chanson d'amour    Viens à moi dans la nuit  – nous dormons entrelacés. Je suis très fatiguée, seule de tant veiller. Un oiseau étranger a chanté dans le matin obscur,  Tandis que mon rêve luttait encore contre moi et contre lui-même. À toutes les sources des fleurs éclosent  Et se teintent de tes yeux immortelles...   Viens à moi dans la nuit, chaussé de sept étoiles Et dans ma tente l'amour enveloppé tard. Des coffres de ciel empoussiérés s'élèvent des lunes. Reposons en amour comme un animal rare Dans les hauts…

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Eric Duvoisin lit Anne-Sophie Subilia, abrase

Eric Duvoisin lit  Anne-Sophie Subilia, abrase (éditions Empreintes, 2021) abrase ou «La vivante paroi de l’existence» Il est des géographies qui entrent parfois en profonde résonance avec un auteur, souvent de manière mystérieuse. Abrase, paru ce printemps aux éditions Empreintes, semble en témoigner: Anne-Sophie Subilia nous offre dans ce recueil la traversée d’un être dans un paysage en débris, éclaté comme l’archipel portugais des Açores où l’auteure a séjourné et trouvé la matière de ces poèmes. où es-tu/visage immédiat?  Il y a d’abord ce titre, abrase, lapidaire, incisif, énigmatique, et ce petit livre immaculé qui se moule facilement au format de la…

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Marion Graf traduit Friedrich Schiller

Marion Graf traduit Friedrich Schiller, «La caution» («Die Bürgschaft»)   Damon près du tyran Denys S’avance, un poignard sous sa cape; Mais déjà les gardes l’attrapent. «Parle! Que veut ce poignard ici?» Lui jette, sombre, le Terrible.  «Délivrer la ville du roi!» «Tu vas le payer sur la croix.»   «Je suis prêt à mourir», reprend Damon, «ce n’est pas la vie sauve, Mais un court sursis que j’implore, Accorde-moi trois jours, le temps De marier ma sœur. Et prends Pour caution mon meilleur ami, Tu peux le tuer si je fuis.»   Le roi sourit alors, l’air fourbe, Marque une…

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Carla Demierre lit Rasha Omran, Celle qui habitait la maison avant moi

Carla Demierre lit Rasha Omran, Celle qui habitait la maison avant moi (éditions Héros-Limite, 2021) La prolifique et exploratrice revue L’Ours blanc vient de faire paraître Celle qui habitait la maison avant moi de la poétesse syrienne Rasha Omran dans une traduction de Henri Jules Julien et Mireille Mikhaïl, l’occasion pour moi de découvrir son écriture palpitante et infatigable, sa langue à la fois percutante et douce.   Poétesse et activiste bien connue, Rasha Omran ne cesse depuis son exil en Égypte, de dénoncer la guerre en Syrie et de s’exprimer en faveur de la réforme démocratique. Elle a dirigé le…

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